DEBUT D'ARTICLE
DISTILLATION DES HUILES ESSENTIELLES
Différences entre essences et huiles essentielles
Les essences sont issues du zeste des agrumes suivant la méthode du grattage, les huiles essentielles sont issues des plantes aromatiques par distillation à la vapeur d'eau, ou parfois par extraction à l'aide de solvants, elles prennent alors le nom d'absolues.
Extraction des essences
Les essences sont donc des huiles essentielles d'agrumes, beaucoup sont très intéressantes à commencer par le Citron.
Dans cette catégorie on trouvera donc le Citron, l'Orange douce, le Pamplemouse, la Mandarine, la Bigarade, la Bergamote, le Petit-Grain, etc...
Le zeste est gratté sous un courant d'eau pour faire éclater les petites poches d'essence. Une fois l'essence extraite elle remonte à la surface de l'eau puisque sa densité est inférieure à un .
Un peu d'histoire
Les huiles essentielles étaient utilisées par les Egyptiens, leur extraction se faisait semble-t-il à cette époque par macération dans une huile support des fleurs ou partie de plantes aromatiques et chauffage du mélange, l'inconvénient était bien sûr de n'avoir jamais l'huile essentielle pure, ou encore par
la technique de l'enfleurage que nous décrirons plus loin. Les parfums étaient obtenus par trituration des plantes aromatiques dont on extrayait ainsi le suc.
Les techniques modernes de distillations nous viennent des Arabes après une période d'oubli de l'usage des aromates en thérapie. Ce sont eux qui inventèrent l'alambic.
Ce sont d'ailleurs également eux qui découvrirent l'alcool qu'ils considéraient comme un médicament. Pour les alchimistes, la distillation des plantes équivalait à distiller leur âme, nous sommes bien loin du plomb changé en or dans un but de lucre.
Ce sont les alchimistes qui donnèrent aux huiles essentielles le nom "d'esprit de la plante", la teinture mère en étant l'âme et le sel obtenu par carbonisation, le corps.
La distillation à la vapeur d'eau
C'est la technique la plus couramment pratiquée. Elle consiste à utiliser un alambic composé d'une réserve d'eau d'où la vapeur sous l'action du chauffage va passer dans une cuve contenant les plantes, parties de plantes ou les fleurs. En passant à travers les plantes sous une pression importantes la vapeur entraîne les particules aromatiques qui formeront l'huile essentielle. La cuve de plante est un peu comme un énorme auto-cuiseur.
A la sortie de la cuve, la vapeur entre dans le serpentin chargée d'huile essentielle et va se recondenser dans ce que l'on appelle un vase florentin. Le vase florentin étant un récipient généralement à double parois ou l'huile essentielle se condense sur l'eau pour la plupart des huiles essentielles et au fond de l'eau pour les huiles essentielles lourdes comme l'Origan (Origanum compactum) dont la masse est supérieure à un, il suffit alors d'ouvrir le robinet et soutirer la partie huile essentielle.
Cette méthode, utilisée pour 90 % des huiles essentielles est dites à vapeur chaude, celle-ci pouvant atteindre, la pression aidant, les 140° voire plus à l'intérieur de la cuve.
L'un des inconvénient est de détruire certaines molécules aromatiques fragiles.
Il exisste une autre méthode où la température est un moins élevée du fait d'une pression moindre, qui est dites à "feu nu". La Ciste Ladanifère est souvent distillée suivant ce procédé.
Enfin, il existe une technique très peu utilisée et à ma connaissance exclusivement sur des plantes bio et que l'on peut appeler extraction à la "vapeur froide".
Pour éviter la montée en température on travaille avec une cuve sans pression, et avec une vapeur à 80° (l'eau vaporise entre 80 et 85° suivant sa charge minérale et bout à 100° lorsqu'elle est pure). On obtient ainsi des huiles essentielles dites "Azéotropiques". Ces huiles d'une qualité vraiment exceptionnelles tant sur le plan chimique que vibratoire sont malheureusement d'un coût particulièrement élevé du fait de la production presque deux fois inférieure à poids égal de plantes.
Rendement de la distillation à la vapeur pour quelques plantes
Noms latins |
Noms français |
Rendements % |
| Agasthosma betulina | Buchu | 1 à 2 |
| Angelica archangelica (racine) | Angélique | 0.4 à 0.8 |
| Angelica archangelica (semence) | Angélique | 1 à 2 |
| Apium graveolens (semence) | Celeri | 1.5 |
| Artemisia herba-alba (thujone) | Armoise blanche | 1 à 1.4 |
| Artemisia herba-alba (davanone) | Armoise blanche | 0.2 |
| Artemisia dracunculus | Estragon | 0.5 |
| Calamintha nepeta | Petit calament | 0.25 à 0.3 |
| Cananga odorata | Ylang-ylang | 1 à 2 |
| Carum carvi (semence) | Carvi noir | 3 à 6 |
| Chamaemelum nobile (fleurs) | Camomille noble | 0.4 à 1 |
| Cinnamomum camphora (bois) | Camphrier | 2 à 3 |
| Cinnamomum verum (écorce) | Cannelle de Ceylan | 1 à 2 |
| Citrus aurantium (fleurs) | Orange | 0.05 à 0.1 |
| Citrus aurantium (feuilles) | Petit grain orange | 0.2 à 0.4 |
| Citrus aurantium (zeste) | Orange | 1 à 2 |
| Citrus limonum (zeste) | Citron | 0.5 |
| Cistus ladaniferus | Ciste ladanifère | 0.02 |
| Coriandrum sativum (semence) | Coriandre | 3 à 4 |
| Cuminum cyminum (semence) | Cumin | 2 à 4 |
| Cupressus sempervirens (rameaux) | Cyprès | 0.4 à 0.5 |
| Cupressus sempervirens (rameaux et bois) | Cyprès | 0.2 |
| Cymbopogon citratus | Citronnelle | 1 à 2 |
| Cymbopogon nardus | Citronelle de Ceylan | 1 |
| Daucus carota (semence) | Carotte | 0.2 à 0.3 |
| Eucalyptus globulus | Eucalyptus globuleux | 1 à 2 |
| Eugenia caryophyllata (bouton floral) | Girofle | 15 |
| Foeniculum vulgare (semence) | Fenouil | 2 à 6 |
| Foeniculum vulgare (rameau) | Fenouil | 0.17 |
| Helichrysum italicum | Immortelle | 0.2 à 0.25 |
| Helichrysum stoechas | Immortelle | 0.13 |
| Hypericum perforatum | Millepertuis | 0.25 |
| Hyssopus officinalis (decumbens) | Hysope officinale | 0.25 |
| Hyssopus officinalis (officinalis) | Hysope officinale | 0.15 |
| Illicium verum | Anis étoilé | 5 |
| Inula graveolens | Inule odorante | 0.12 |
| Juniperus communis (rameaux) | Genevrier | 0.12 |
| Juniperus communis (bois) | Genevrier | 0.5 |
| Laurus nobilis | Laurier | 0.13 à 0.14 |
| Lavandula angustifolia | Lavande | 0.5 à 0.85 |
| Lavandula angustifolia (maillette) | Lavande | 1.2 à 1 |
| Lavandula angustifolia (materone) | Lavande | 1.2 à 1 |
| Lavandula stoechas | Lavande | 0.3 à 0.2 |
| Lavandula hybrida burnatii abrial | Lavandin | 2.1 à 3 |
| Lavandula hybrida burnatii grosso | Lavandin | 1.8 à 2.3 |
| Lavandula hybrida burnatii super | Lavandin | 1.5 à 2 |
| Lippia citriodora (feuille) | Verveine citronnée | 0.07 à 0.19 |
| Matricaria recutita (capitule) | Camomille matricaire | 0.3 à 0.8 |
| Melaleuca quinquenervia | Niaouli | 1 à 2 |
| Melissa officinalis | Mélisse | 0.005 à 0.01 |
| Mentha longifolia | Menthe à feuilles longues | 0.07 à 0.09 |
| Mentha spicata | Menthe verte | 1 à 2.5 |
| Mentha piperita | Menthe poivrée | 0.8 à 2.5 |
| Myristica fragans | Muscade | 8 à 10 |
| Myrtus communis (cineole) | Myrte | 0.18 à 0.2 |
| Origanum majorana | Marjolaine | 0.3 |
| Origanum vulgare | Origan | 0.08 |
| Ormenis mixta | Orménie | 0.2 à 0.3 |
| Pelargonium asperum | Geranium | 0.1 à 0.2 |
| Pinus sylvestris | Pin sylvestre | 0.1 à 0.2 |
| Pistacia lentiscus | Lentisque pistachier | 0.015 |
| Pogostemon cablin | Patchouli | 3 à 3.5 |
| Rosa damascena | Rose de Damas | 0.001 à 0.005 |
| Rosmarinus officinalis (camphre) | Romarin | 0.35 à 0.4 |
| Rosmarinus officinalis (verbénone) | Romarin | 0.25 à 0.3 |
| Salvia officinalis | Sauge officinale | 0.3 à 0.35 |
| Santolina chamaecyprisus | Santoline | 0.12 |
| Satureja montana | Sarriette | 0.05 à 0.25 |
| Tanacetum annuum | Tanaisie annuelle | 0.1 |
| Tanacetum vulgare | Tanaisie vulgaire | 0.01 à 0.1 |
| Thymus satureioides | Thym satureioïdes | 0.6 à 0.8 |
| Thymus vulgaris (linalol) | Thym | 0.07 à 0.1 |
| Thymus vulgaris (thujanol) | Thym | 0.1 à 0.15 |
| Thymus vulgaris (thymol) | Thym | 0.15 à 0.25 |
| Trachyspermum ammi | Ajowan | 3 à 4 |
| Vetiveria zizanoides | Vetiver | 2 à 3 |
L'enfleurage
Il s'agit de l'un des moyens d'extraction les plus anciens, bien antérieur à l'alambic. Aujourd'hui délaissé il ne sert plus que pour l'extraction d'huiles essentielles très fragiles et que la vapeur d'eau détruirait en partie. On obtiendra ce que l'on appelle "une absolue". C'est grâce à ce procédé que sont extraites les absolues de Lilas, de Muguet, de Réséda, de Jasmin ou de Narcisse. Les produits ainsi obtenues sont parmi les plus chers et les plus rares.
La technique
On travaille à température ambiante et ainsi les parfums fragiles ne sont pas altérés. On utilise des chassis de verre sur lesquels on étale une couche de graisse d'environ 2 cm sur laquelle on va étaler les fleurs. Ensuite on renouvellera l'apport de fleurs tous les trois ou quatre jours en retirant les précédentes et cela une trentaine de fois. Une fois la couche de graisse imprégnée de parfum, on débarasse ce dernier de la graisse et le produit obtenue est de toute première qualité. On pratique également avec des toiles de coton tendues sur des treillis métalliques, les fleurs sont déposées sur les toiles et suent petit à petit leur parfum. Une fois la toile saturée, il suffit de la presser pour récolter le précieux liquide.
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